Mon meilleur site
est celui du client que j'ai perdu
J'ai ouvert la Search Console des sept sites que j'ai livrés depuis février. Le plus gros trafic du lot vient du dossier qui s'est le plus mal terminé. Et quand j'ai regardé d'où venait ce trafic, j'ai compris qu'il ne prouvait rien du tout.
Sur sept sites livrés en sept mois, celui qui fait le plus de trafic organique en concentre 77 % à lui seul, avec 696 clics en trois mois. Mais ses dix premières requêtes contiennent toutes le nom du client : c'est du trafic de marque, il ne va chercher personne. Le vrai résultat est neuf fois plus petit et infiniment plus utile. La distinction entre trafic de marque et trafic conquis se vérifie gratuitement, en cinq minutes, dans la Search Console.
Que se passe-t-il quand on met sept sites côte à côte ?
Sept mois que je livre des sites. Sept sites en ligne. Et jusqu'à cette semaine, je n'avais jamais posé les chiffres des sept sur le même écran.
Je les ai posés. Search Console ouverte, même fenêtre pour tout le monde, du 7 juin au 6 septembre 2026, soit 92 jours. Quatre colonnes : impressions, clics, taux de clic, position moyenne. Rien d'autre.
Le classement m'a mis une claque.
Pourquoi 696 clics peuvent ne rien prouver ?
En tête du parc, très loin devant, un domaine hôtelier en Vallée de la Loire. 696 clics et 5 640 impressions en trois mois, un taux de clic de 12,4 % et une position moyenne de 6,2. À lui seul, il représente 77 % du trafic organique de tous mes sites réunis.
C'est aussi le dossier qui s'est terminé le plus mal. Contrat clos, relation finie, plus aucun suivi depuis fin août.
Première réaction : une fierté un peu tordue. Le genre de « regarde ce que je sais faire » qu'on a envie de mettre en portfolio le soir même.
Puis j'ai ouvert l'onglet Requêtes. Celui que presque personne n'ouvre.
Sur les dix requêtes qui ramènent le plus de monde, les dix contiennent le nom du client. Zéro exception.
Le nom du domaine, le nom mal orthographié, le nom au pluriel, le nom suivi du mot « photos ». 162 clics sur une seule variante du nom. Ces gens ne cherchaient pas un hôtel de charme, ni une salle de réception, ni un mariage en Val de Loire. Ils cherchaient ce lieu-là, qu'ils connaissaient déjà.
Mon site a fait son travail : propre, rapide, bien positionné sur son propre nom, il a capté les gens qui le cherchaient. Mais il n'est allé chercher personne. La notoriété existait avant moi. J'ai construit une porte d'entrée, pas un aimant.
J'avais fait le même exercice sur mon propre site quelques jours plus tôt, avec une conclusion voisine : bien écrire ne suffit pas à être trouvé. Ici, le constat va un cran plus loin : être trouvé ne suffit pas non plus, encore faut-il savoir par qui.
Quelle est la différence entre trafic de marque et trafic conquis ?
C'est la distinction que je n'avais jamais formulée aussi clairement, et c'est celle qui devrait décider de tout.
Le trafic de marque, ce sont les gens qui tapent votre nom. Ils vous connaissaient déjà, par le bouche-à-oreille, une carte de visite, un panneau, un ancien client. Votre site les récupère. C'est utile, c'est même indispensable, mais ça mesure votre réputation, pas votre référencement.
Le trafic conquis, ce sont les gens qui tapent un besoin. « plombier lyon 3 », « cours de danse près de chez moi », « menuiserie sur mesure savoie ». Ils ne vous connaissaient pas, ils vous découvrent. Ça, c'est du client neuf, et c'est la seule chose qui justifie qu'on paye quelqu'un pour du référencement.
Les deux apparaissent dans le même chiffre de clics. Les deux gonflent le même graphique. Et un prestataire qui montre uniquement une courbe qui monte, sans jamais ouvrir l'onglet Requêtes, montre peut-être votre propre notoriété en vous la facturant comme du travail.
Je le dis d'autant plus tranquillement que je viens de me faire le coup à moi-même.
C'est le prolongement direct de ce que je racontais dans l'article sur la réputation locale qui ne suffit plus : une salle pleine ne dit rien de votre capacité à en remplir une nouvelle.
À quoi ressemble un site qui va vraiment chercher des clients ?
Trois lignes plus bas dans mon classement, il y a un club d'arts martiaux en périphérie lyonnaise. Beaucoup plus petit : 75 clics et 813 impressions sur la même période. Neuf fois moins que l'hôtel.
Sauf que sa courbe fait ça :
- Juillet : 98 impressions, 9 clics
- Août : 403 impressions, 42 clics
- Six premiers jours de septembre : 312 impressions, 24 clics
Les impressions sont multipliées par 4,1 en un mois, les clics par 4,7. Au rythme des six premiers jours de septembre, le mois dépassera les 1 500 impressions.
Mais le vrai chiffre n'est pas là non plus. Il est encore dans l'onglet Requêtes. Voilà ce qui ramène du monde sur ce site : le nom du sport suivi de « lyon », le type de salle suivi de « lyon », le nom du sport tout court, le mot « sport » suivi du nom de la commune, et une discipline suivie de « cours autour de moi ».
Pas une seule requête avec le nom du club dans le haut du classement. Ces gens cherchaient une activité, pas une adresse. Ils ne connaissaient pas ce club avant de le trouver. Neuf fois moins de trafic que l'hôtel, et infiniment plus de valeur.
Voilà mon vrai résultat de sept mois. Il tient dans un site que je n'avais pas mis en avant, parce que ses chiffres bruts sont petits.
Que faut-il demander à son prestataire avant de signer ?
Un prestataire qui promet du trafic sans jamais parler de la nature de ce trafic vend un chiffre, pas un résultat. Sur une entreprise déjà connue localement, un site correct produira toujours du trafic de marque. C'est mécanique, ça arrive tout seul, et ça ne prouve rien sur la qualité du travail.
La vraie question tient en une phrase : dans six mois, combien de mes visiteurs ne connaissaient pas mon nom avant de me trouver ?
Si personne ne sait y répondre, personne ne mesure rien.
Trois vérifications à faire sur son propre site cette semaine
Tout ce qui suit est gratuit et se fait dans Google Search Console. Comptez vingt minutes, avec un accès validé à votre site.
- 1Ouvrir l'onglet Requêtes sur les trois derniers mois
Regardez vos dix premières lignes et comptez celles qui contiennent votre nom d'entreprise. Si c'est dix sur dix, vous vivez sur votre réputation, pas sur votre référencement. Ce n'est pas grave, mais il faut le savoir avant de payer quelqu'un pour l'améliorer.
- 2Ouvrir le rapport Indexation des pages
Comparez le nombre de pages « dans l'index » et le nombre de pages « non indexées ». Sur un des sites que j'ai repris, 74 pages sont connues de Google et 19 seulement sont indexées. Les autres existent sans exister. Le rapport donne le motif page par page.
- 3Taper son adresse de trois façons différentes
Avec www, sans www, puis avec /index.html à la fin. Si les trois répondent sans se rediriger l'une vers l'autre, Google voit plusieurs sites au lieu d'un seul et répartit vos résultats entre eux. Je l'ai trouvé sur trois de mes propres sites en faisant ce tour de parc.
Le troisième point est celui que je me suis pris en pleine figure. J'avais corrigé ce défaut chez un client au mois d'août et je ne l'avais pas repassé sur les autres. Un site du parc compte encore 7 clics envoyés sur une deuxième adresse d'accueil, en plus des 55 de la bonne. C'est petit, c'est bête, et ça se répare en une ligne.
Ce que je retiens de ces sept mois
Que le chiffre le plus gros n'est presque jamais le plus utile. Que la fierté d'un gros total peut cacher un résultat vide, et qu'un petit total peut cacher une vraie victoire.
Et surtout : tant qu'on ne mesure pas, on raconte. J'ai passé une partie de ces sept mois à raconter, faute d'avoir posé les outils de mesure assez tôt. Depuis fin août, tous mes sites mesurent. C'est la seule raison pour laquelle cet article contient des chiffres plutôt que des impressions.
FAQ : Questions fréquentes
- C'est quoi la différence entre trafic de marque et trafic conquis ?
- Le trafic de marque vient de gens qui tapent votre nom, ou une version approchante. Ils vous connaissaient déjà : votre site sert de porte d'entrée, il n'a rien été chercher. Le trafic conquis vient de gens qui tapent un besoin, un métier, une ville, sans vous connaître. Le premier mesure votre notoriété existante, le second mesure le travail de référencement. Dans la Search Console, on les sépare en ouvrant l'onglet Requêtes : si vos dix premières lignes contiennent toutes votre nom, votre trafic est un trafic de marque.
- Comment savoir si mon site vitrine fonctionne vraiment ?
- Un seul chiffre ne suffit pas. Il en faut quatre, tous gratuits dans Google Search Console : les impressions, les clics, le taux de clic et la position moyenne. Puis il faut regarder l'onglet Requêtes pour savoir sur quels mots ces impressions se produisent. Un site avec beaucoup de clics uniquement sur son propre nom ne va chercher personne de nouveau.
- Combien de temps avant qu'un nouveau site remonte dans Google ?
- L'indexation, c'est-à-dire l'entrée des pages dans la base de Google, prend en général de deux à quatre semaines quand le site est propre et que le plan du site est soumis. Le positionnement sur des requêtes de besoin est bien plus lent : sur un site de mon parc, les premières impressions apparaissent fin juin, restent faibles tout le mois de juillet, et le décollage réel ne se produit qu'en août. Personne ne peut promettre une place précise à une date précise.
- Pourquoi mes pages n'apparaissent-elles pas toutes dans Google ?
- Google connaît souvent bien plus de pages qu'il n'en indexe. Sur l'un des sites de mon parc, 74 pages sont connues et 19 seulement sont dans l'index. Les causes habituelles sont des pages sans lien entrant, dites orphelines, des contenus trop courts, des adresses en double entre la version avec et sans www, ou une page d'accueil accessible à deux adresses. Le rapport Indexation des pages donne le motif exact pour chaque page écartée.
- Un fort trafic de marque, est-ce un mauvais signe ?
- Non, c'est même plutôt bon signe : cela veut dire qu'on vous connaît. Le problème n'est pas d'en avoir, c'est de croire qu'il mesure autre chose que votre notoriété. Une entreprise installée depuis vingt ans aura toujours un fort trafic de marque, quel que soit son site. La question utile est de savoir ce que le site ajoute par-dessus.
Vos visiteurs vous cherchaient déjà, ou vous ont-ils découvert ?
Je fais le tour en clair : d'où vient réellement votre trafic, combien de vos pages sont dans Google, et ce qui vous coûte des visiteurs sans que vous le voyiez. Avec les captures de votre propre Search Console, pas des promesses de première place en 90 jours.
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Freddy Gervason, mfdy.digital · Webdesign, SEO, GEO & automatisation IA à Lyon.
Article publié le 8 septembre 2026. Chiffres relevés le 8 septembre 2026 dans Google Search Console et Google Analytics, sur la fenêtre du 7 juin au 6 septembre 2026.